À N’zérékoré, une membre d’un Groupement d’Épargne et de Crédit transforme son ambition de construire une école en opportunité d’avenir pour les filles de sa communauté.
Ma fille étant décédée, j’ai décidé d’aider les autres filles ». Convaincue que l’éducation est l’un des leviers les plus puissants pour transformer durablement les communautés, la fondatrice nourrit depuis plusieurs années le projet de créer un établissement scolaire capable d’accompagner les enfants de la maternelle jusqu’au baccalauréat. La situation change lorsqu’elle rejoint le Groupement d’Épargne et de Crédit Yanick, soutenu dans le cadre du projet PEB-G.
Grâce aux cotisations régulières, aux réunions hebdomadaires et aux possibilités d’accès au crédit offertes par le groupement, Mme Martine trouve un nouveau souffle pour poursuivre son projet.
« J’ai commencé la construction avec mes propres moyens, mais à un moment donné, je n’avais plus d’argent. J’étais bloquée. Lorsque j’ai appris l’existence du GEC Yanick, je suis devenue membre. Depuis, je bénéficie de prêts que je rembourse selon les échéances convenues. Cela m’a permis de continuer les travaux », explique-t-elle.
Aujourd’hui, le chantier progresse étape par étape grâce aux ressources mobilisées à travers le groupement. Une fois achevé, l’établissement comprendra 18 salles de classe, des bureaux administratifs ainsi que des infrastructures adaptées pour accueillir les élèves dans de bonnes conditions d’apprentissage.
Mais pour la dame, l’objectif ne se limite pas à bâtir des salles de classe.
Elle souhaite avant tout créer un environnement où les filles pourront apprendre, s’épanouir et construire leur avenir.
« Je souhaite voir plus de filles que de garçons dans cette école. Si nous avons un millier d’élèves, j’aimerais que 80 % soient des filles. Je n’ai plus de fille aujourd’hui, mais j’aime soutenir les filles, parce qu’une fille
instruite contribuera demain au bien-être de sa famille, de sa communauté et de son pays », affirme-t-elle.
Son engagement répond à une réalité que connaissent de nombreuses familles de la région : l’éloignement ou l’insuffisance des infrastructures scolaires constitue souvent un obstacle à la scolarisation et au maintien des filles à l’école.
« Beaucoup de jeunes filles abandonnent l’école faute d’infrastructures adaptées ou accessibles. Je veux qu’elles disposent d’un lieu où elles pourront apprendre, grandir et croire en leurs capacités », ajoute-t-elle.
Dans le quartier, le projet suscite déjà admiration et espoir. Les habitants voient dans cette future école une opportunité de rapprocher l’éducation des familles et d’encourager davantage de parents à maintenir leurs filles sur les bancs de l’école.
Pour le président du GEC Yanick, cette initiative illustre parfaitement le potentiel transformateur des Groupements d’Épargne et de Crédit.
« Le parcours de Mme la fondatrice démontre que les GEC ne servent pas uniquement à améliorer les revenus des ménages. Ils permettent également aux femmes de réaliser des investissements durables au bénéfice de toute la communauté. Nous sommes fiers de voir l’une de nos membres construire une école qui pourra changer la vie de nombreuses générations », souligne le président du GEC Yanick.
L’histoire de la fondatrice témoigne du pouvoir de l’épargne, de la solidarité et de la détermination. Grâce au soutien de son groupement, elle transforme aujourd’hui une ambition personnelle en un projet porteur d’espoir pour toute une communauté.
Au milieu des fondations et des murs encore en construction, elle imagine déjà les cours de récréation animées, les salles de classe pleines de vie et les rêves de centaines de jeunes filles prenant leur envol.
Pour elle, cette école représente bien plus qu’un bâtiment.
Elle incarne l’héritage qu’elle souhaite laisser : un avenir où davantage de filles auront accès à l’éducation, développeront leur potentiel et deviendront les actrices du changement dans leurs familles, leurs communautés et leur pays.