Les performances relevées ci-dessus ont été rendues possible grâce à plusieurs réformes initiées par le Gouvernement.
En matière de financement, entre 2020 et 2023, le Togo a considérablement renforcé les financements alloués à l’éducation primaire et secondaire. Le budget dédié à ce secteur est passé de 125,7 milliards de FCFA en 2020 à 243,9 milliards de FCFA en 2025, soit une hausse de 94%.
Dans le cadre de l’amélioration de la qualité de l’enseignement, d’importantes réformes ont été opérées dans le secteur éducatif. Dans cette dynamique et entre autres actions, les écoles normales d’instituteurs (ENI) ont été transformées en écoles normales de formation des professeurs d’école (ENFPE) avec pour mission de contribuer à la qualité des enseignements par la recherche et l’innovation en matière de pédagogie au niveau des apprentissages des élèves du préscolaire et du primaire. On note également la révision des curricula à tous les niveaux d’enseignements et surtout la distribution gratuite des manuels scolaires et pédagogiques au préscolaire et primaire. En outre, pour accroître l’accès à l’éducation, lutter contre la malnutrition infantile et améliorer les résultats scolaires, des programmes spécifiques ont été mis en place. Il s’agit notamment du programme School Assur, qui assure la couverture sanitaire des élèves du primaire et du secondaire publics, la gratuité des frais de scolarité dans l’enseignement public et des frais d’examen, ainsi que du programme des cantines scolaires, qui contribue à l’accès, au maintien et à la réussite scolaire, tout en soutenant la sécurité alimentaire et la production locale.
De neuf (9) mois sous le régime des ENI, la formation initiale dans les ENFPE est désormais portée à deux (2) ans, permettant ainsi aux futurs professeurs d’école de disposer de toutes les compétences nécessaires à l’exercice du métier d’enseignant.
Depuis la réouverture des ENFPE en novembre 2022, on dénombre 5 125 élèves professeurs d’école, dont 2 579 de la première promotion qui sont sortis en octobre 2024.
Aussi, le Gouvernement a mis en place le programme national d’alimentation scolaire confié à l’Agence nationale d'appui au développement à la base (ANADEB) en vue d’améliorer la fréquentation et la rétention des enfants des communautés les plus pauvres dans les écoles à travers l’offre gratuite des repas scolaires réguliers. Les interventions du programme ont touché plusieurs écoles et élèves.
Le nombre d’écoles touchées par le programme est passé de 315 en 2019 à 1 006 en 2024, soit une progression de 219,36% en 5 ans. En ce qui concerne le nombre d’élèves, il est passé de 91 666 en 2019 à 154 114 en 2024, soit une progression de 68,13%. Ce programme a permis de servir 66 208 194 repas au cours des 5 années scolaires.
Par ailleurs, plusieurs projets stratégiques soutiennent cette dynamique, notamment : (i) le Projet d’Amélioration de la Qualité et de l’Equité de l’Éducation de Base (PAQEEB) (2021–2026) qui renforce la formation des enseignants et modernise les infrastructures ; (ii) le Projet d’Amélioration de l’Accès, de la Qualité et de l’Équité de l’Éducation au Togo (PAAQET) (2020–2026) qui s’attache à améliorer la gouvernance éducative et à réduire les inégalités régionales ; et (iii) le Projet d’Appui à la Réforme de l’Éducation et de la Formation (PAREC II) (2021–2025) qui cible le développement de l’enseignement technique et professionnel, pour mieux répondre aux besoins du marché de l’emploi. Ces projets ont pour vocation surtout d’améliorer l’accès et la qualité des apprentissages en passant par la construction des salles de classe, la formation continue des enseignants, la révision des curricula et l’édition des manuels scolaires et pédagogiques.
En matière de l’adéquation formation-emploi, le développement de l’enseignement technique et formation professionnelle est encouragé par la mise en place des Instituts de Formation en Alternance pour le Développement (IFAD). À ce jour, le Togo compte quatre IFAD opérationnels, chacun spécialisé dans un domaine stratégique : l’IFAD-Aquaculture, situé à Elavagnon (Est-Mono), se consacre à l’élevage de poissons tels que le tilapia et le clarias, et dispose d’installations modernes comprenant des bassins, une écloserie, un atelier de transformation et un internat ; l’IFAD-Bâtiment , basé à Lomé ( Adidogomé), offre des formations dans divers corps de métier du secteur du bâtiment, notamment le gros œuvre, l’électricité, la menuiserie, le froid et la climatisation, ainsi que la charpente et la couverture ; l’IFAD-Élevage à Barkoissi forme les apprenants à la gestion des exploitations agricoles, avec une spécialisation en élevage. Enfin, l’IFAD-Énergies renouvelables, ouvert en 2024 à Adidogomé (Lomé), prépare des techniciens aux métiers liés au solaire photovoltaïque et thermique, en réponse à la demande croissante dans ce secteur porteur. Ces établissements proposent une formation alternée entre théorie et pratique en entreprise, afin de renforcer l’employabilité des jeunes et leur insertion dans le marché du travail.
En outre, on note, (i) l’ouverture de 5 nouveaux Centres de formation technique et professionnelle (CFTP) dans 5 localités du Togo (Badou, Blitta, Borgou, Sanda Kagbanda et Cinkassé) et 9 autres en cours de réalisation à Togblekopé, Akepé, Danyi, Kougnohoun, Sotouboua, Guerin-kouka, Niamtougou, Gblainvié et Tandjoaré ; (ii) l’ouverture d’un Lycée d’enseignement technique et professionnel (LETP) à Agou; (iii) la construction et la réhabilitation des locaux pédagogiques dans 7 structures d’Enseignement technique et de la formation professionnelle (ETFP) publiques et privées sélectionnées (salle de cours, ateliers, salles spécialisées) ; (iv) l’élaboration des curricula de formation en Brevet de technicien (BT) en restauration par l’élaboration des bons d’économat pour la réalisation des mets locaux ; (v) l’intégration des technologies de l’information et de la communication et le développement des environnements numériques de travail dans les programmes d’enseignement technique à travers la formation des enseignants et (vi) la mise en œuvre de la formation professionnelle de type dual coopératif.
Dans le cadre de la modernisation de l’enseignement supérieur, plusieurs universités et instituts technologiques sont en expansion, avec un accent particulier sur les sciences, la technologie et l’innovation. Dans cette même dynamique, une troisième université publique est en construction à Datcha. L’un des changements majeurs est la création de l’École Polytechnique de Lomé (EPL) issue de la fusion de l’Ecole nationale supérieure d’ingénierie (ENSI) et du Centre d’Informatique et de Calcul (CIC). Aussi, note-t-on la création et l’opérationnalisation de quatre centres d’excellence : (i) le Centre d’excellence régional sur les sciences aviaires (CERSA) ; (ii) le centre d’excellence régional pour les villes durables en Afrique (CERViDA) ; (iii) le Centre d’excellence régional sur la maîtrise de l’électricité (CERME) et (iv) le Centre d’excellence en protection durable des cultures (CEProDuC).
Des examens nationaux pour les diplômes universitaires ont été instaurés, visant à harmoniser les standards, renforcer la reconnaissance des diplômes et améliorer la compétitivité des diplômés à l’international. Un système de mobilité étudiante a également été instauré entre l’Université de Lomé et celle de Kara, accompagné de l’unification des curricula et des maquettes pédagogiques.
En parallèle, des investissements dans les infrastructures universitaires (amphithéâtres, laboratoires, bibliothèques) répondent à la croissance continue des effectifs étudiants.
Ces transformations profondes sont rendues possibles grâce à une mobilisation accrue de l’État et l’appui de partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale, le PNUD, l’UNICEF et le Plan International. Le secteur de l’éducation et de la formation au Togo est en pleine mutation, porté par des investissements sans précédent et des réformes structurelles ambitieuses.